PLACIDE, 2025
Marcher en forêt peut être une expérience silencieuse, presque vide, ou au contraire un moment chargé de sensations. Trop souvent, la nature devient un simple décor que l’on traverse sans y prêter attention. Elle cesse d’être regardée, observée, ressentie. Pourtant, elle porte en elle une richesse visuelle discrète, presque fragile.
Les arbres, par leurs lignes, leurs courbes, leurs aspérités, révèlent une écriture propre. Ils témoignent de ce qui les entoure, du temps qui passe, des saisons qui les transforment. À l’arrivée de l’automne, ce langage devient plus lisible. Les feuilles tombées laissent apparaître la structure des troncs, tandis que celles qui subsistent encore accrochent la lumière et prolongent la présence de l’arbre.
Dans ces formes mises à nu, mon regard s’attarde. J’y perçois des dessins géométriques, des rythmes, des équilibres naturels. Par le cadrage, je cherche à isoler ces fragments, à ralentir le regard, à inviter à une contemplation plus attentive. Il ne s’agit pas de retirer l’arbre de son contexte, mais d’en révéler la géométrie sensible, déjà là, silencieuse, et pourtant profondément expressive.