KAWAGUCHIKO, 2025

Ce travail fait écho au phénomène des « haikyo », ces lieux abandonnés au Japon, où le temps semble suspendu.

À travers cette série réalisée à Kawaguchiko, je cherche à interroger cette frontière entre présence et disparition, en donnant à voir la ville comme un espace presque vidé de son activité, où seules subsistent les formes et les traces d’un passage humain.

Une ville pourtant très fréquentée, laissant apparaître une forme d’absence.
Prendre un train bondé pour finalement se retrouver seul, errant dans des rues où la présence humaine semble s’effacer.

Cette sensation de solitude se construit à travers des cadrages qui isolent les espaces et fragmentent la ville. Les volumes, les formes ainsi que les couleurs se répondent et créent une forme de résonance visuelle, comme un écho silencieux.

Un instant en suspens, où la lumière douce vient lisser les contrastes et atténuer la présence du réel. Elle participe à cette atmosphère calme, en venant envelopper les formes plutôt que les révéler brutalement.

Le vide prend alors une place essentielle dans l’image : il ne s’agit plus seulement de représenter un lieu, mais de montrer l’absence qu’il contient. 

La présence humaine en creux, la nature indomptée et les lieux vides renforcent cette impression d’isolement, tout en laissant place à une certaine contemplation.

Ainsi, l’image ne documente pas uniquement un lieu, mais propose une relecture sensible, où la composition, les lignes et les volumes participent pleinement à la construction de ce sentiment d’étrangeté et de solitude.